Vous êtes ici

La parole à trois jeunes candidats

Mardi 3 Mai 2016

Le 9 mai, le coup d'envoi des élections sociales sera donné dans de nombreuses entreprises. Ceux qui pensent que les jeunes n’ont aucun intérêt pour le syndicat se trompent. Nous donnons la parole à trois jeunes candidats. Des jeunes qui débordent de peps et qui sont conscients des enjeux. Des jeunes qui veulent donner le meilleur d’eux-mêmes pour représenter et défendre leurs collègues. Ils veulent que ça change et que ça s’améliore. Si vous aussi, c’est ce que vous voulez, soutenez-les.

Sandrine Manzella, 28 ans, déléguée chez Lifé Pharma à Liège

Si je suis devenue déléguée, c’est pour lutter contre les injustices au boulot. Je voulais vraiment défendre les droits des travailleurs. Par la suite, j’ai aussi compris l’importance d’améliorer les conditions de travail et de sécurité.

Certains se demandent à quoi servent les délégués, ils ne voient pas que beaucoup de gens n’osent pas se plaindre directement à la direction. Ils préfèrent nous parler à nous, ils nous considèrent comme des personnes de confiance. Et nous, nous sommes soutenus par la structure de la FGTB, c’est là que nous puisons notre force.
Etre déléguée, c’est un combat de chaque instant. Il ne faut pas croire que c’est facile, ce n’est jamais gagné d’avance. Mais malgré tout, grâce à la motivation des autres délégués et des collègues, on a envie d’y aller. On se sent vraiment soutenu.
En tant que délégués, nous faisons un travail nécessaire et apprécié. Et c’est vrai, on n’arrive pas toujours avec de grandes réalisations, on avance souvent avec des petits acquis, mais c’est ça qui nous fait avancer. On est lucide, on sait très bien qu’on n’aura jamais tout d’un coup, mais en avançant petit pas par petit pas, on peut aller très loin.

Avec les nouvelles mesures du gouvernement sur la flexibilité, je me dis que la seule chose qu’on attend de nous, c’est de toujours travailler plus pour essayer d’avoir plus, mais au final, on est toujours perdants. A trop tirer sur la corde, elle finit par casser. Le gouvernement joue avec la santé des travailleurs, sans aucune vision à long terme. Et le pire dans tout ça, c’est que les gens ne s’en rendent même pas compte. Ils sacrifient tout, y compris leur vie familiale pour leur boulot.

C’est comme les attaques du gouvernement de droite sur les libertés syndicales. Pour moi, c’est clair, si on n’a plus la possibilité d’exercer nos libertés syndicales, c’est la fin des syndicats et c’est surtout la fin de la démocratie.

Kenneth Siebens, 23 ans, délégué chez Eternit à Mechelen

J’étais tout jeune et dans l’entreprise depuis à peine six mois lorsque je suis devenu délégué. Je n’y connaissais pas encore grand-chose, mais je me suis lancé et j’ai directement appris beaucoup. Les jeunes me soutiennent évidemment facilement, mais j’essaie d’être là pour tout le monde, peu importe de quel syndicat. Je trouve qu’il est essentiel de travailler ensemble. Dans notre entreprise, la concertation se passe de manière positive. La direction est ouverte à nos propositions, même si nous devons parfois frapper du poing sur la table.

Mon travail syndical porte surtout sur la sécurité. A ce sujet, nous avons déjà accompli beaucoup de choses. Nous avons rendu les machines plus sures et les consignes de sécurité sont désormais plus claires. Nous gardons aussi toujours à l’œil les chantiers de désamiantage. Notre objectif est qu’il n’y ait plus aucun accident dans le futur.

Il est évident que les mesures annoncées par le gouvernement nous inquiètent. Bon nombre de ces mesures se concrétisent par petites étapes et les jeunes en particulier ne sont pas très conscients de l’impact. On a beaucoup parlé dernièrement des pensions, pour nous, c’est encore tellement loin. Mais il faut les informer sur les autres mesures qui ont un impact direct sur leur situation de travail. Nous devons bien nous rendre compte que bon nombre de droits acquis sont en train d’être supprimés. Je peux comprendre qu’il faut parfois faire des économies, mais dans ce cas, cela doit se faire de façon équitable et pas toujours sur le dos des plus faibles. Nous devons continuer à nous battre pour des emplois agréables et soutenables.

Je participe autant que possible aux actions du syndicat. C’est mon devoir, je dois représenter mes collègues et les défendre. Le problème, c’est que certaines actions apparaissent sous un mauvais jour, parce que des bagarreurs s’en mêlent. Cela donne bien évidemment une très mauvaise image du syndicat ce qui ne nous aide pas à obtenir nos exigences.

Jens De Mot, 23 ans et candidat chez Ajinomoto Omnichem à Wetteren

J’ai été approché par un ancien de chez nous. Il m’a demandé si je voulais m’investir pour les jeunes. A la FGTB, nous recevons tout le soutien nécessaire pour accomplir notre mission. C’est le syndicat le plus fort dans notre entreprise, avec un équipe qui collabore très bien et qui est toujours prête pour les collègues.

J’ai choisi d’agir au CPPT. La sécurité vient en premier lieu. Tout comme mon rôle en tant que pompier bénévole. Là aussi, il faut toujours évaluer les risques et veiller à travailler en toute sécurité. Il n’en va pas autrement dans l’entreprise. Je vais donc travailler sur les besoins de mes collègues en matière de sécurité, d’hygiène et de bien-être.

Le gouvernement veut pousser la flexibilité à l’extrême. Je trouve qu’il va vraiment trop loin, surtout quand on voit à quel point mes collègues sont déjà flexibles. Nous travaillons déjà avec plusieurs systèmes d’équipes, qui vont de 2 équipes jusqu’au système en continu. Les gens travaillent également le week-end, il y a aussi un système d’appel pour les équipes qui se chargent de l’entretien. La combinaison vie privée-vie professionnelle exige toute une organisation. Et nous devrions encore accepter d’abandonner la semaine des 38 heures et introduire des semaines de 45 heures, selon les besoins du patron. Le crédit-temps est réduit et on veut nous faire travailler jusqu’à nos 67 ans. Tout cela alors que je constate dans mon environnement professionnel que la pression monte et que le poids du travail en équipes devient insupportable en vieillissant. Ma réponse est à cette super flexibilité est clairement non.

Nous devons aussi être très attentifs à notre droit de protester et de défendre les travailleurs. Les partis de droite veulent museler les syndicats. Mais une enquête récente montre que la majorité des gens trouve toujours que le syndicat est nécessaire. Dans notre entreprise, les gens sont très heureux d’avoir une délégation FGTB qui fonctionne bien. Mes collègues disent que la coupe est pleine. Donc, pas touche à notre syndicat. Car il faut en découdre avec la mauvaise gestion de ce gouvernement de droite.